L'effondrement civilisationnel des "terres d'islam"

Nombreux sont les musulmans à revendiquer pour l'islam la brillance de la "civilisation islamique" : le califat abbasside, "al Andalous", la science musulmane, etc.


L'examen critique remet cependant les choses à leur place : si l'islam était pour quelque chose dans le développement de la "civilisation islamique", les Occidentaux n'auraient pas trouvé les territoires musulmans dans l'état qui était le leur au 19e siècle. Ces territoires ne se seraient pas laissés devancer par le développement technique et scientifique de l'Occident. Ils ne se seraient pas laissés coloniser ou dominer par son impérialisme. L'Arabie, qui a connu selon la tradition islamique les premiers développements de l'islam, aurait du être elle aussi le lieu d'épanouissement d'une brillante civilisation.

Il faut rétablir la vérité historique. Ces territoires sur lesquels s'est développée la civilisation islamique appartenaient initialement à d'autres civilisations, parmi les plus brillantes et les plus anciennes de l'histoire : l'Egypte, le Proche Orient, la Mésopotamie, l'Inde, l'Empire romain (Espagne, Afrique du Nord), Byzance... Des civilisations plurimillénaires qui avaient inventé la civilisation elle-même, inventé la roue, la cité, l'écriture, l'alphabet, l'agriculture, les mathématiques, l'irrigation, etc. Au début de l'empire islamique, la population de ses territoires était quasi intégralement chrétienne. En 730, on comptait environ 92% de chrétiens dans la population du Levant, puis environ 50% au 10e siècle (cf. études de Youssef Courbage et Philippe Fargues). La civilisation que l'on dit être celle de l'islam, le grand califat abbasside, la "maison de la sagesse" du calife al Mamoun, etc, tout cela doit donc bien plus au substrat civilisationnel précédent (voir par exemple : https://www.eecho.fr/apport-des-chretiens-dorient/) qu'à l'islam en soi, c'est à dire aux populations existantes, chrétiennes pour l'essentiel. L'islam s'est en quelque sorte greffé et développé dans ce substrat, mettant en place un système de prédation et de captation des richesses, des savoir-faire, des hommes (notamment par l'esclavage).


C'est ainsi que, petit à petit, pour échapper à la loi islamique (régime des dhimmis), pour éviter les taxes (djizya et autres rackets), éviter les humiliations, les injustices, les rapts d'enfants et de jeunes filles, les viols, les mariages forcés, les bouffées de persécution religieuse, de plus en plus de chrétiens se sont convertis à l'islam, jusqu'à ce que la majorité de la population de l'empire bascule dans l'islam, ce qui arriva plus ou moins tôt selon les territoires, et fut définitivement achevé vers les 13-14e siècles (en particulier à cause des terribles massacres perpétrés par les Mongols). Cela a récemment été particulièrement documenté quant à l'Espagne musulmane par des chercheurs comme Serafin Fanjul. Ils ont ainsi mis à bas le mythe du "paradis de paix et de tolérance" d'al Andalous pour montrer toute l'horreur de son régime d'apartheid religieux et d'exploitation des chrétiens. Voilà comment, au fil des siècles, les musulmans sont devenus la grande majorité de la population de la dite civilisation musulmane, jusqu'à en totaliser 80% à 95% environ aux 17 et 18e siècles. 

On peut de la sorte analyser la phase de décadence de la civilisation islamique à partir des 16e et 17e siècles à mesure de la croissance de la proportion de musulmans dans la population, et de l'épuisement, à force de prédation, du "réservoir humain" des civilisations sur lesquelles l'islam s'est greffé. Sans caricaturer, la Mésopotamie brillante est ainsi devenue pour beaucoup un désert, l'Afrique du Nord, la base arrière de trafiquants esclavagistes et de pirates barbaresques mettant la Méditerranée et l'Afrique contiguë en coupe réglée. Il n'est que de comparer l'incroyable développement économique et humain de l'Etat d'Israël depuis 1947 à celui du même territoire sous la règle de l'islam, avant 1947, ou des territoires musulmans voisins pour comprendre que l'islam n'a pas été facteur de civilisation.

 

(voir aussi : Sur la science que l'islam prétend apporter)