Le Nouveau Testament est-il fiable ?

Rappelons que le Nouveau Testament se compose de 27 livres :

  • Quatre récits de la vie de Jésus appelés évangiles (« évangile » signifiant « bonne nouvelle »), composés respectivement par saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean ;
  • Une histoire des premières années de l’Église, les Actes des apôtres, de l’évangéliste saint Luc ;
  • Vingt-et-une lettres adressées par les apôtres aux communautés chrétiennes ;
  • Une vision appelée Apocalypse (c’est-à-dire « Révélation ») de l’apôtre saint Jean.

Ces textes ont tous été composés par des témoins oculaires des événements ou des contemporains de ces témoins. Nous disons bien composés et non écrits, car si les lettres des apôtres étaient bien des lettres, les quatre évangiles ne sont pas d’abord des écrits, mais le témoignage oral des apôtres, leur prédication. Cette prédication n’a eu besoin d’être mise par écrit qu’au fur et à mesure de la croissance numérique de l’Église et de la mort des apôtres.

Or, on a la certitude que ces témoins étaient convaincus de la vérité de ce qu’ils rapportaient. En effet, sur les douze apôtres (Matthias ayant remplacé Judas), onze sont morts martyrs, c’est-à-dire tués parce qu’ils refusaient d’abjurer leur foi ; et saint Paul, qui est égal aux apôtres, est également mort martyr. Si cela ne prouve pas nécessairement que leur témoignage est vrai, cela prouve au moins qu’eux avaient la conviction de la vérité de ce qu’ils disaient, car on ne va pas jusqu’à la mort pour ce que l’on sait être un mensonge, ou ce dont on n’est pas tellement sûr.

On sait également que le texte que nous avons aujourd’hui est bien le texte original de ces écrits. En effet, les textes du Nouveau Testament ont été immédiatement diffusés dans tout le monde antique, dans des pays de langues différentes (principalement le grec et le latin dans l’empire romain et l’araméen et le syriaque au Moyen-Orient) et politiquement indépendants (empire romain, empire parthe, Arménie). Les Églises chrétiennes orientales, fondées sur la prédication des apôtres, attestent de cette diffusion originelle du témoignage apostolique. Or, les divergences entre les traditions manuscrites de ces différentes aires culturelles sont extrêmement faibles. Il est donc impossible de prétendre que ces textes aient pu faire l’objet de réécritures tardives.

Mais ce ne sont pas seulement ces critères externes (attribution, intention, diffusion) qui attestent de la crédibilité historique des écrits du Nouveau Testament, ce sont aussi deux critères internes, et d’abord le critère de divergence et de convergence. Les écrits du Nouveau Testament traitent tous du même sujet : la vie et l’enseignement de Jésus de Nazareth. Or, tous ces écrites provenant d’auteurs différents et rédigés tout au long du Ier siècle présentent, sur le sujet dont ils traitent, à la fois d’incontestables divergences et d’innombrables convergences, ce qui est le propre des témoignages authentiques ! En effet, les divergences montrent que ces témoignages n’ont pas été pensés comme une « version officielle » sur laquelle des chefs religieux auraient eu l’occasion de « se mettre d’accord », et en même temps, derrière ces quelques divergences apparaît une convergence manifeste sur l’essentiel, c’est-à-dire sur la vie et l’enseignement de Jésus.

Le second critère interne de crédibilité est le critère d’embarras : dans un faux témoignage, ou si l’on cherche à imposer surtout son point de vue propre sur un événement, on ne raconte pas ce qui peut nuire à sa crédibilité. Or, le Nouveau Testament regorge de faits qui ne pouvaient qu’être très gênants pour le témoignage des apôtres, et qu’ils n’auraient eu aucun intérêt à inventer :

Pour aller plus loin :