Le Dieu de l'Ancien Testament est-il un Dieu violent ?

Certaines études absurdes essayent de montrer que la Bible appelle à la violence en citant, hors contexte et avec une interprétation fondamentaliste, certains versets violents, en particulier de l’Ancien Testament. Qu’en est-il vraiment ? Il faut en fait distinguer en fonction du texte dans lequel se trouve le passage violent. Les trois cas le plus fréquent sont :

  • La description de la violence des hommes ;
  • Un appel à la violence attribué à Dieu ;
  • Un appel à la violence adressé à Dieu.

Le plus souvent donc, la violence est celle des hommes. Parfois, elle est commise au nom de Dieu, mais cela ne signifie en aucun cas que Dieu l’approuve. Il faut se souvenir que la Révélation de l’amour de Dieu est très progressive, Dieu préparant petit à petit son peuple à la recevoir ; c’est pourquoi, surtout à l’origine de l’histoire sainte, le peuple hébreu est encore très marqué par la violence. Pour prendre un exemple parallèle, c’est la même chose avec le mariage : Jacob était encore polygame et allait vers ses esclaves aussi bien que vers sa femme, et petit à petit Dieu a manifesté que son dessein originel était le mariage monogame fidèle indissoluble.

Parfois, la violence est attribuée à Dieu. En effet, la Révélation n’est pas une dictée de Dieu, mais l’œuvre d’auteurs humains à qui Dieu inspirait de mettre par écrit leur compréhension du mystère. Toutes les phrases de l’Ancien Testament ne sont donc pas un enregistrement journalistique des paroles de Dieu : c’est l’ensemble de l’histoire sainte, écrite à chaque époque selon la compréhension de l’époque, qui est la Parole de Dieu. Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’entourés de civilisations violentes, dont les prétendus dieux exigeaient par exemple des sacrifices humains, les Hébreux aient crus aussi que la vengeance était voulue par Dieu. Mais ce qui est remarquable, c’est que, dans sa pédagogie, Dieu augmente son exigence petit à petit : de la vengeance exponentielle pratiquée au commencement (« Pour une blessure, j’ai tué un homme ; pour une meurtrissure, un enfant. Caïn sera vengé sept fois, et Lamek, soixante-dix-sept fois », Genèse 4, 24), il passe à la loi du talion (« Œil pour œil, dent pour dent », Exode 21, 24), pour aller jusqu’au commandement du pardon « jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Matthieu 18, 22).

Enfin, surtout dans les psaumes, c’est l’homme qui exprime sa violence et demande à Dieu de punir. Ces poèmes sacrés, ces prières adressées à Dieu, permettent d’extérioriser toute la violence du cœur de l’homme, et indiquent justement que l’homme, à ce moment-là, renonce à se venger. Ne pas tenir compte de la violence qui habite le cœur de l’homme aurait été un mensonge ; l’orienter vers Dieu plutôt que de la faire subir aux hommes est encore la meilleure solution !