Rappelons d’abord que les chrétiens sont strictement monothéistes : nous croyons en un seul Dieu, et nous croyons que le Dieu unique s’est révélé à nous comme Dieu trinitaire, c’est-à-dire Dieu un en trois Personnes, Père, Fils et Saint-Esprit.
Quand nous professons que Jésus est le Fils de Dieu, nous disons que Jésus, qui est vraiment homme, est en même temps Dieu le Fils, Deuxième Personne de la Trinité.
C’est bien Jésus lui-même qui s’est présenté comme le Fils de Dieu. Pour le comprendre, il faut voir quels étaient les attributs de Dieu dans le judaïsme ancien. Dieu, l’unique, s’est révélé tout au long de l’histoire comme :
- Le Créateur (Genèse 1, 1) ;
- Celui qui commande aux éléments (Psaumes 103, 4) ;
- « Celui qui est » (Exode 3, 14) ;
- Le Seigneur (Deutéronome 10, 17) ;
- Le Maître (Psaumes 96, 5) ;
- Le Sauveur (1 Macchabées 4, 30) ;
- Le Rédempteur (Isaïe 63, 16) ;
- Le Juge (Tobie 3, 2) ;
- Le Saint (Isaïe 1, 4) ;
- La Lumière (Psaumes 26, 1) ;
- Celui dont on vénérait le Nom comme l’unique secours (Psaumes 123, 8) ;
- Celui dont on vénérait la Gloire (Psaumes 71, 19) ;
- Celui dont qui habitait dans le Temple (Malachie 3, 1) ;
- Celui dont la venue était appelée « le Jour » (Malachie 3, 23) ;
- Celui qui avait révélé la Loi sur la Montagne (Exode 24, 16) ;
- Celui qui pardonnait les péchés (Nombre 14, 20) ;
- Le seul à qui doit être rendu un culte d’adoration (Deutéronome 5, 7).
Or, pendant sa vie publique, Jésus va assumer certains de ses attributs. C’est ainsi que lui-même se présente comme :
- Celui à qui « même la mer et les vents obéissent » (Matthieu 8, 27) ;
- Celui qui est : « Avant qu’Abraham fut, Je suis » (Jean 8, 58) ;
- Le Maître et le Seigneur : « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous faites bien, car vraiment je le suis » (Jean 13, 13) ;
- Le Juge : « Le Père a donné au Fils tout pouvoir pour juger » (Jean 5, 22) ;
- Celui qui viendra « avec puissance et grande Gloire » (Matthieu 24, 30) ;
- Le véritable Temple : « Le Temple dont il parlait, c’était son corps » (Jean 2, 21) ;
- Celui qui révèle la Loi nouvelle sur la montagne : « Jésus gravit la montagne… Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait… » (Matthieu 5, 1-2) ;
- Celui qui pardonne les péchés : « Tes péchés sont pardonnés » (Matthieu 9, 2) ;
- Celui qui accepte que l’on se prosterne devant lui (cf. Matthieu 8, 2), contrairement à saint Pierre (cf. Actes 10, 25-26) ou saint Paul (cf. Actes 14, 12-15) qui refusent systématiquement ces marques d’adoration.
Cette revendication de la divinité par Jésus était si claire pour ses contemporains que c’est pour ce motif que le Sanhédrin a voulu condamner Jésus à mort : « Les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu » (Jean 5, 18).
Parmi les Juifs, certains l’ont toutefois reconnu comme Dieu, et dans leurs écrits lui attribuent clairement les caractères et attributs de la divinité. C’est ainsi que, dans le Nouveau Testament, Jésus apparaît comme :
- Le Créateur : « Par lui tout a été fait » (Jean 1, 3) ; « En lui, tout fut créé » (Colossiens 1, 16) ;
- Le Seigneur : « C’est le Seigneur » (Jean 21, 7) ; « Jésus-Christ, notre Seigneur » (Romains 1, 4) ;
- Le « Sauveur du monde » (Jean 4, 42) : « Le Sauveur d’Israël, c’est Jésus » (Actes 13, 23) ;
- Le Rédempteur : « En lui, par son sang, nous avons la rédemption » (Éphésiens 1, 7) ;
- Le Saint : « Nous savons que tu es le Saint de Dieu » (Jean 6, 69) ; « Vous avez renié le Saint » (Actes 3, 14) ;
- La Lumière : « Lumière qui se révèle aux nations » (Luc 2, 32) ; « Le Verbe était la vraie lumière » (Jean 1, 9) ;
- Celui dont le Nom sauve : « Il n’y a pas d’autre Nom donné aux hommes pour être sauvés » (Actes 4, 12) ;
- Celui dont on vénère « la Gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique » (Jean 1, 14) : « Il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la Gloire » (2 Pierre 1, 17) ;
- Celui dont attend le Jour : « Au Jour du Seigneur Jésus » (2 Corinthiens 1, 14) ; « Quand viendra le jour du Christ » (Philippiens 2, 16).
Dans plusieurs passages enfin, la nature divine de Jésus est même affirmée de manière explicite :
- « Celui qui va naître sera Saint, il sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1, 35) ;
- « Le Verbe était Dieu » (Jean 1, 1) ;
- « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16, 16) ;
- « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20, 28) ;
- « Le Christ Jésus était dans la condition de Dieu, et n’a pas jugé bon de revendiquer son rang à l’égal de Dieu » (Philippiens 2, 6) ;
- « Notre Grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ » (Tite 2, 13) ;
- « Jésus-Christ est le Dieu véritable » (1 Jean 5, 20).
- « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » (Jean 8, 58) - "Je suis" est le nom de Dieu, celui qu'il proclame pour lui même à Moïse (Exode, 3, 14)
- « Le Père et moi, nous sommes UN » (Jean 10,30)
Ainsi, il est hors de doute que Jésus a bien affirmé sa divinité. Cela ne peut s’interpréter que de trois manières :
- Ou bien Jésus était fou, mais la qualité de son enseignement et de sa vie rend cette hypothèse très improbable ;
- Ou bien Jésus était menteur, mais il ne se serait pas laissé crucifier pour un mensonge ;
- Ou bien Jésus était bien le Fils de Dieu.
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